Le parc national de Gorongosa

Situé dans le centre du pays, à proximité de la ville de Beira, le parc national de Gorongosa revient de loin. Réserve de chasse dans les années 1960, transformé en parc national dans les années 1970, il est alors considéré comme un véritable paradis pour la faune africaine. A l’époque, une première étude scientifique dénombre plus de 2 000 éléphants, des dizaines de milliers de buffles, de zèbres et d’antilopes et quelques centaines de lions et de grands prédateurs. Après 15 ans de guerre civile, le parc est exsangue de ses animaux qui ont servi de garde-manger tant aux combattants qu »aux civils alors que l’ivoire des éléphants finançait l’achat d’armes. Et puis, en 2000, un ange-gardien s’est penché sur le parc. Le milliardaire Greg Carr a décidé de consacrer une partie de sa fortune au renouveau du Gorongosa. 20 ans après, le résultat est extraordinaire.

Riche d’écosystèmes variés, le parc national de Gorongosa alterne savanes arbustives, forêts, zones humides, collines, falaises, lacs et rivières. C’est cette richesse naturelle qui a de tout temps permis à la faune de s’épanouir et à quelques espèces rares ou endémiques (zèbre Crawshay, caméléon Pygmy) de trouver leur place. D’autres sont sans doute à découvrir dans les nombreuses grottes qui parsèment le plateau de Cheringoma, dans les eaux du lac Urema et de ses rivières qui alternent cascades et rapides, ou encore sous les arbres de la forêt tropicale du Mont Gorongosa. Décimée à plus de 90% par la guerre, la faune a trouvé dans cette richesse de biotopes de quoi reprendre des forces et de se multiplier. Sans être revenu à ses effectifs d’antan, le parc de Gorongosa abrite dorénavant suffisamment d’animaux pour que les visiteurs qui s’y rendent en reviennent enchanté. Les lions atteignent la centaine d’animaux et les éléphants, dont les femelles furent épargnées par les braconniers grâce à leurs petites défenses, sont de plus en plus nombreux (environ 500).

Une réussite partagée

Ce joli succès est aussi dû à une autre vision du tourisme de safari. Ici, dès le début du projet, les habitants des villages alentours ont été impliqué dans le projet. Les rangers ont été formés sur place. A cela deux avantages : ils connaissent parfaitement le terrain et leur rémunération permet de faire vivre de nombreuses familles. Les lodges se sont aussi engagés à engager du personnel local et à s’approvisionner auprès des agriculteurs et éleveurs locaux. Une partie du prix de chaque entrée sert à financer cliniques, routes et écoles.